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Inbound logistics : comment optimiser la gestion des flux entrants dans votre supply chain

Inbound logistics : comment optimiser la gestion des flux entrants dans votre supply chain

Inbound logistics : comment optimiser la gestion des flux entrants dans votre supply chain

Pourquoi l’inbound logistics est (souvent) le maillon faible de la supply chain

Quand on parle performance transport, beaucoup d’entreprises se focalisent sur les flux sortants : respect des délais clients, taux de service, promesses e-commerce. C’est logique… mais incomplet.

Les flux entrants (inbound logistics) sont tout aussi déterminants : ils conditionnent le taux de service, les coûts de stockage, la productivité de l’entrepôt et même la satisfaction des équipes. Un planning de réception mal maîtrisé, et vous cumulez :

La bonne nouvelle : l’inbound se prête très bien à l’optimisation. Avec quelques méthodes simples, un peu de data et une meilleure collaboration avec vos fournisseurs et transporteurs, vous pouvez rapidement reprendre le contrôle.

Dans cet article, on va passer en revue une approche pragmatique pour optimiser vos flux entrants, en restant collé au terrain : pas de grands concepts, mais des leviers concrets, testés en usine, entrepôt ou plateforme de distribution.

Cartographier vos flux entrants : la base que tout le monde repousse

Avant d’optimiser, il faut comprendre ce qui arrive, d’où, quand et comment. Dit comme ça, tout le monde est d’accord. Dans les faits, peu d’entreprises ont une vision claire de leur inbound.

Je conseille toujours de commencer par une cartographie simple, mais factuelle, des flux entrants sur 3 à 6 mois :

Deux indicateurs simples à calculer et très parlants :

Dans une usine que j’ai accompagnée, 70 % des palettes entrantes venaient de 15 fournisseurs… mais les réceptionnistes n’avaient aucun planning fiable, seulement des « habitudes » (“le camion de X arrive en général le mardi matin…”). Résultat : sur-staff le mardi, rush le jeudi, camions en attente et réclamations fournisseurs.

À partir de cette cartographie, vous pouvez déjà :

Mettre sous contrôle le planning de réception

L’un des nerfs de la guerre en inbound, c’est la gestion des créneaux de livraison. Si vos fournisseurs et transporteurs « se présentent » sans réservation, vous subissez vos flux.

Objectif : passer d’une réception subie à une réception pilotée, avec un planning qui concentre :

Trois étapes clés pour structurer ce planning :

1. Définir des règles claires de prise de rendez-vous

Inutile de démarrer avec un portail ultra-sophistiqué. Beaucoup de sites commencent avec un simple fichier partagé ou un agenda en ligne structuré, avant d’évoluer vers une solution de yard management ou un module de prise de rendez-vous intégré au WMS/TMS.

2. Imposer (et faire respecter) le passage par le planning

C’est ici que ça coince souvent : le service achats promet les délais aux fournisseurs, le service transport booke les camions… sans passer par l’entrepôt. Résultat : planning théorique parfait, réalité désastreuse.

Une règle simple, à formaliser et faire valider en CODIR :

Ajoutez une période de transition, des cas de tolérance, mais gardez la ligne : sans un minimum de fermeté, vous resterez dans la logique du “on s’arrangera à l’arrivée”.

3. Connecter le planning de réception avec la planification amont

Le planning de réception ne doit pas vivre en silo. Il doit être alimenté par :

Avec quelques règles simples (prioriser les réceptions critiques pour la production, lisser les gros volumes sur plusieurs jours), on améliore très vite le taux de service et la sérénité en entrepôt.

Standardiser et fiabiliser les données en amont

L’autre handicap fréquent des flux entrants, c’est l’absence de données fiables avant l’arrivée du camion. Vous découvrez souvent :

au moment où la porte de camion s’ouvre. Forcément, ça complique l’organisation du quai et la mise en stock.

Pour améliorer ça, votre meilleur allié est un combo EDI + standardisation des étiquettes et des ASN (Advanced Shipping Notice).

Ce qu’il faut viser (sans forcément être parfait dès le début) :

Dans un réseau de distribution B2B que j’ai suivi, le simple fait d’imposer une étiquette standard GS1 sur les palettes fournisseurs a :

Évidemment, tout le monde n’est pas prêt à intégrer de l’EDI en quelques semaines. On peut démarrer avec des fichiers Excel normalisés envoyés par mail ou déposés sur un portail, puis faire monter en maturité les fournisseurs clés vers des flux EDI/API.

Importer moins, mais mieux : jouer sur la fréquence et la taille des lots

L’inbound ne se résume pas à « bien réceptionner ce qui arrive ». Une partie du sujet se joue en amont, lors de la construction de vos règles d’approvisionnement : tailles de lots, MOQ, fréquences de commande.

Trois erreurs classiques que je retrouve régulièrement :

Ce qu’il vaut la peine d’analyser, avec un prisme très terrain :

Un bon exercice à faire avec les équipes supply, entrepôt et achats : simuler le profil des réceptions quotidiennes pour différents scénarios (plus de fréquences, moins de volumes par livraison, ou l’inverse) et regarder l’impact sur :

Souvent, on s’aperçoit que 10 à 15 % des flux entrants génèrent 50 % des irritants opérationnels. C’est par ceux-là qu’il faut commencer.

Digitaliser intelligemment : TMS, WMS, portails fournisseurs… sans usine à gaz

Sur l’inbound, les outils digitaux peuvent vraiment changer la donne, à condition de rester pragmatique. Les briques les plus utiles, selon le niveau de maturité :

1. Planning et prise de rendez-vous en ligne

Un module de yard management ou un portail de réservation de créneaux permet aux transporteurs de :

À connecter au WMS pour que les équipes de réception voient en temps réel les camions attendus et adaptent leurs ressources.

2. WMS ou module de réception avancée

Un WMS adapté, ou un module de réception dans l’ERP, permet de :

Si vous êtes encore très “papier”, démarrer par la seule digitalisation de la réception (lecture des codes-barres, rapprochement commande/réception) apporte déjà un gain significatif.

3. Portail fournisseurs

Pour les fournisseurs stratégiques, un portail peut centraliser :

Là encore, inutile de viser immédiatement une intégration complète ERP–portail–TMS–WMS. L’important est d’avoir un point d’entrée unique et partagé des informations d’inbound, plutôt que des mails éparpillés entre achats, supply, transport et magasin.

Aligner les acteurs : achats, supply, entrepôt, transport et fournisseurs

Si l’inbound dysfonctionne, ce n’est pas uniquement un sujet d’outils ou de process : c’est surtout un problème d’alignement entre les acteurs.

Typiquement :

Pour sortir de ça, une approche qui fonctionne bien est de traiter l’inbound comme un “mini flux” transversal, avec :

Quelques indicateurs utiles pour ces revues :

Dans une centrale d’achats où les arrivées fournisseurs étaient chaotiques, la mise en place de revues trimestrielles avec les 20 plus gros fournisseurs, appuyées sur des KPIs simples, a permis de réduire :

Sans changement majeur d’outils, uniquement par la clarification des attentes et une meilleure visibilité des performances.

Intégrer l’inbound dans votre démarche RSE et coûts globaux

L’inbound logistics est aussi un levier important pour vos objectifs de développement durable et la maîtrise des coûts globaux.

Quelques pistes concrètes :

En travaillant sur l’inbound, vous pouvez aligner :

Par où commencer concrètement dans votre organisation ?

Si vous deviez lancer une démarche d’optimisation de l’inbound dans les 3 prochains mois, je vous proposerais la feuille de route suivante :

L’important n’est pas de viser d’emblée un inbound « parfait », mais de sortir du mode pompier pour entrer dans un pilotage structuré, avec quelques règles simples, partagées et respectées.

À partir du moment où vous reprenez la main sur les créneaux, les données et la collaboration avec vos fournisseurs, le reste devient progressivement beaucoup plus fluide : vos équipes gagnent en visibilité, vos coûts se stabilisent, et votre supply chain devient vraiment pilotée de bout en bout, du fournisseur jusqu’au client final.

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