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Prix fret maritime : comprendre les composantes tarifaires et mieux négocier vos coûts

Prix fret maritime : comprendre les composantes tarifaires et mieux négocier vos coûts

Prix fret maritime : comprendre les composantes tarifaires et mieux négocier vos coûts

Depuis 2020, les responsables logistiques ont tous vécu la même scène : un mail du transitaire, sujet « Révision tarifaire », et derrière, un taux spot multiplié par deux (ou trois), assorti d’un jargon pas toujours transparent : BAF, CAF, PSS, GRI, THC, ISPS… Résultat : difficile de savoir ce que l’on paie réellement, et encore plus difficile de négocier.

Dans cet article, on va démonter pièce par pièce la structure du prix de fret maritime et voir comment reprendre la main sur vos coûts. Objectif : ne plus subir les surcharges, mais les comprendre, les challenger et les anticiper.

Fret de base : le tarif qui cache la forêt

C’est la ligne que tout le monde regarde en premier : le montant de fret « de base », généralement exprimé en USD par conteneur (FCL) ou par tonne/m³ (LCL). C’est le cœur du prix, mais pas toute l’histoire.

En pratique, ce fret de base dépend principalement de :

Ce que j’ai constaté sur le terrain : beaucoup d’entreprises comparent des devis en ne regardant que cette ligne de fret de base… et passent à côté de 30 à 40 % du coût réel, caché dans les surcharges. Si vous ne regardez que ce prix, vous comparez des pommes et des poires.

Premier réflexe à adopter : toujours analyser un devis « all-in » (tout inclus port à port), puis redescendre dans le détail des composantes. On ne négocie pas efficacement si on reste sur une vision tronquée.

Surcharges maritimes : décryptage des principaux acronymes

Les surcharges sont la partie la plus opaque… et la plus rentable pour certains acteurs. Voici les principales, avec leurs logiques, et ce que vous pouvez négocier ou challenger.

Surcharges liées au carburant et à l’environnement

Le poste carburant est majeur pour les armateurs. D’où une série de surcharges plus ou moins « créatives ».

Que faire concrètement ?

Surcharges liées aux ports et à la sûreté

Autre grand classique : tout ce qui touche aux coûts portuaires et à la sécurité.

Sur ces éléments, la marge de manœuvre est variable :

GRI, PSS et autres joyeusetés commerciales

Côté purement commercial, on trouve :

Mon retour d’expérience : ces surcharges sont souvent utilisées comme outils de pilotage des volumes. En clair, quand le marché est tendu, elles explosent. Quand le marché se détend, elles mettent parfois beaucoup plus de temps à redescendre.

Des leviers possibles :

Frais locaux et “local charges” : le terrain miné des devis

C’est souvent là que les mauvaises surprises se cachent. Vous avez négocié un super tarif de fret, et le jour où la facture arrive : frais de dossier, frais de documentation, « handling fee », etc.

Quelques lignes fréquentes côté export ou import :

Mes recommandations concrètes :

Incoterms : un levier direct sur la structure de coût

On ne peut pas parler prix de fret maritime sans parler Incoterms. Ils déterminent qui (acheteur ou vendeur) supporte quelles composantes du coût.

Exemples typiques :

Pourquoi c’est clé pour vos négociations ?

Sur plusieurs projets, le simple passage d’Incoterms de type CIF vers FOB nous a permis :

Attention toutefois : changer d’Incoterm, ce n’est pas juste une histoire de prix. Il faut aussi gérer la capacité interne à piloter les flux, la gestion documentaire et la douane. On ne bascule pas du CIF au FOB sur un coin de table.

Spot vs contrat : quel mix pour sécuriser vos coûts ?

Depuis la crise du fret maritime, une question revient dans toutes les directions supply chain : vaut-il mieux travailler en spot ou en contrat annuel ?

Le spot :

Le contrat (3, 6, 12 mois) :

Ce que je constate chez les chargeurs les plus matures :

Comment entrer en négociation : préparation, données et angles d’attaque

Négocier, ce n’est pas « gratter 50 USD par conteneur » au hasard. C’est préparer un dossier solide et savoir où se situent les vraies marges.

Quelques axes de préparation concrets :

En phase de négociation, les leviers les plus efficaces que j’ai vus à l’œuvre :

Maîtriser les surcoûts opérationnels : détention, surestaries et aléas

Beaucoup de budgets explosent non pas à cause du prix du fret lui-même, mais à cause des surcoûts opérationnels : détention de conteneurs, surestaries, immobilisation au port, frais de modification de booking, etc.

Quelques exemples vécus :

Les actions simples qui rapportent vite :

Digitalisation et visibilité : des outils pour mieux piloter vos coûts

La digitalisation n’est pas magique, mais bien utilisée, elle aide à maîtriser la facture maritime.

Quelques briques utiles :

Sur plusieurs sites, le simple fait de rendre visibles les coûts de détention par fournisseur ou par service interne a créé une prise de conscience immédiate et déclenché des plans d’action… sans même toucher aux tarifs négociés avec les armateurs.

En synthèse : vos leviers prioritaires pour mieux négocier

Pour rendre tout cela actionnable, voici une check-list courte à utiliser lors de vos prochaines campagnes de sourcing maritime :

Le prix du fret maritime restera volatil, soumis aux cycles économiques, aux contraintes environnementales et aux aléas géopolitiques. En revanche, la manière dont vous structurez vos achats, vos Incoterms, vos contrats et vos process internes, elle, est entièrement sous votre contrôle. Et c’est là que se joue une grande partie de la compétitivité de vos flux.

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