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Robot exotec : retour d’expérience sur la préparation de commandes robotisée

Robot exotec : retour d’expérience sur la préparation de commandes robotisée

Robot exotec : retour d’expérience sur la préparation de commandes robotisée

Dans le paysage de la logistique, peu de technologies ont fait autant parler d’elles ces dernières années que les robots Exotec. Entre promesses de productivité x3, flexibilité accrue et image « vitrine » pour les entrepôts, difficile aujourd’hui de trouver un directeur supply chain qui n’ait pas au moins vu une vidéo de Skypod filer le long de racks bleus. Mais derrière le buzz, qu’est-ce qui fonctionne vraiment une fois les robots installés ? Et surtout : à quelles conditions le ROI tient la route ?

Pourquoi les robots Exotec intéressent autant les logisticiens ?

Les systèmes Exotec cochent plusieurs cases qui parlent immédiatement à un exploitant :

Sur le papier, la promesse type qu’on entend dans les projets :

La question n’est donc pas « est-ce que c’est intéressant ? », mais plutôt : « est-ce que c’est adapté à mon profil de flux et à ma réalité opérationnelle ? ».

Rappel : comment fonctionne une installation Exotec ?

Pour poser le décor, un système Exotec classique repose sur quelques briques clés :

On est sur un système hybride entre automatisme lourd et robotique mobile : les racks sont fixes, mais les robots sont relativement autonomes et ajoutables sans gros travaux.

Ce qu’il faut bien avoir en tête : Exotec n’est pas un WMS, mais un système qui s’interface avec lui. Si votre WMS est vieillissant ou très customisé, la phase d’intégration devient un sujet clé du projet.

Retour d’expérience : avant / après robotisation

Pour illustrer, prenons un cas typique que j’ai rencontré dans la distribution B2C/B2B :

Contexte initial :

Objectifs du projet Exotec :

Périmètre robotisé :

Avant robotisation, le chemin type d’une commande e-commerce :

Après robotisation, sur le périmètre Exotec :

Le changement le plus visible pour les équipes : on ne marche plus, ou presque. Toute la valeur se déplace vers le geste de préparation et la maîtrise du process, plus que vers le déplacement physique.

Les gains réellement observés

Dans les retours de terrain, les gains constatés (et non ceux des plaquettes commerciales) se situent généralement dans ces ordres de grandeur, quand le projet est bien dimensionné :

Sur le plan financier, les projets que j’ai vus se situent souvent sur un payback entre 4 et 7 ans, à condition :

Un point intéressant : plusieurs sites ont utilisé la robotisation comme levier pour réorganiser complètement leurs process. Autrement dit, l’essentiel des gains vient autant de la remise à plat des flux que des robots eux-mêmes.

Les limites et écueils à anticiper

Installer des robots ne règle pas tout par magie. Des problématiques reviennent régulièrement.

1. Le mauvais dimensionnement initial

Deux erreurs opposées mais fréquentes :

La clef : travailler sur des scénarios de charge très réalistes (jours forts, pics saisonniers, croissance à 3–5 ans) et pas seulement sur un « jour moyen ». Exotec dispose d’outils de simulation, mais la qualité des hypothèses d’entrée reste de votre responsabilité.

2. La dépendance au système

Quand 60 à 80 % de votre préparation détail passe par les robots, vous devenez fortement dépendant du système. En cas de panne majeure ou de coupure IT, l’impact opérationnel est massif.

D’où l’importance :

3. La gestion des références volumineuses ou atypiques

Le système Exotec est optimisé pour des références stockables en bacs. Dès qu’on sort de ce format (gros cartons, longueurs, palettes complètes), on revient sur du flux classique (racks, drive-in, cantilever, etc.).

Le piège : mal penser l’interface entre le monde robotisé et le monde manuel. Si la consolidation des commandes multi-flux est bancale, vous recréez un goulot ailleurs (zone d’emballage, zone d’expédition, quai).

4. La conduite du changement sous-estimée

Pour beaucoup d’opérateurs, passer de 10 km de marche à une station fixe face à un écran avec un flux continu de bacs, c’est un vrai changement de métier :

Les projets les plus réussis sont ceux qui embarquent les opérateurs dès la conception : visites de sites déjà robotisés, ateliers d’ergonomie, tests de prototypes de postes, etc.

Checklist pour réussir un projet Exotec

Si vous envisagez de déployer ce type de solution, voici une checklist pragmatique.

Sur le cadrage fonctionnel et business :

Sur l’architecture IT :

Sur la conception des flux physiques :

Sur le volet humain :

L’enjeu n’est pas seulement de « faire tourner » les robots, mais de créer un système global robuste, où la technologie et l’humain se complètent réellement.

Et demain ? Vers une logistique encore plus robotisée

Les premiers retours d’expérience avec Exotec montrent que la robotisation de la préparation de commandes n’est ni un gadget, ni une solution miracle. C’est un levier puissant quand :

On voit déjà apparaître des combinaisons intéressantes :

Pour beaucoup d’acteurs, la question n’est plus de savoir s’ils robotiseront une partie de leur préparation, mais quand et dans quel périmètre. Les systèmes type Exotec, par leur modularité et leur capacité à s’adapter à des bâtiments existants, constituent une option crédible pour franchir un cap sans tout raser et reconstruire.

Si vous êtes à l’étape du business case, mon conseil est simple : ne partez pas des plaquettes, partez de vos ordres de préparation réels. Prenez un mois représentatif, analysez :

Ensuite, projetez un scénario avec robotisation en vous appuyant sur des données de terrain (retours d’autres sites, visites, benchmarks) plutôt que sur un tableur optimiste. Ce travail de préparation fait souvent la différence entre un projet « vitrine » et un système qui, quelques années plus tard, reste un pilier de la performance de l’entrepôt.

Les robots Exotec ne remplaceront pas la réflexion logistique ni l’expertise des équipes terrain. En revanche, bien intégrés, ils permettent de concentrer cette expertise sur ce qui a le plus de valeur : organiser des flux agiles, fiables et soutenables, dans un environnement où le client attend toujours plus de rapidité et de fiabilité, et où chaque m² et chaque heure de travail comptent.

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