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Robot logistique : quelles applications concrètes pour automatiser votre entrepôt

Robot logistique : quelles applications concrètes pour automatiser votre entrepôt

Robot logistique : quelles applications concrètes pour automatiser votre entrepôt

Robot logistique, AMR, cobot, navette, bras articulé… On en parle partout. Mais quand on sort des slides PowerPoint, une question revient toujours la même : « Concrètement, ça sert à quoi dans MON entrepôt, avec MES volumes, MES équipes et MES contraintes ? »

Dans cet article, on va laisser de côté les effets de mode pour se concentrer sur les applications qui fonctionnent réellement sur le terrain, avec des retours d’usage, les limites à connaître et les indicateurs à suivre pour ne pas se tromper d’investissement.

Les grandes familles de robots logistiques en entrepôt

Avant de parler cas d’usage, un rappel rapide des principales catégories de robots qu’on croise aujourd’hui en logistique :

L’enjeu n’est pas de « choisir le bon robot » au sens technologique, mais d’identifier le bon processus à automatiser, puis le bon niveau d’automatisation, total ou partiel. On part du besoin, pas du catalogue fournisseur.

Préparation de commandes : le terrain de jeu numéro un

La préparation de commandes reste le poste le plus robotisé, parce que c’est là que se concentrent le plus de temps passé, d’erreurs et de pénibilité. Trois grandes approches existent.

1. Le robot qui déplace les étagères (Goods-to-Person)

Principe : au lieu d’envoyer les préparateurs marcher dans l’entrepôt, ce sont les racks ou les bacs qui viennent à eux via des robots mobiles.

Un cas classique : un entrepôt e-commerce qui tourne avec des préparateurs à 80 lignes/h, passe à 200-250 lignes/h en goods-to-person, avec un ROI sur 3 à 5 ans si le taux de remplissage reste élevé.

2. Le robot qui accompagne le préparateur (Person-to-Goods assisté)

Principe : des AMR suivent l’opérateur dans sa tournée de picking, transportent les bacs ou palettes, et optimisent les parcours via un algorithme.

Ce type de solution est souvent un bon « premier pas » vers l’automatisation pour des PME ou des 3PL qui ne peuvent pas se permettre un investissement massif dès le départ.

3. Le robot qui prélève l’article (robotiques de picking)

On parle ici de bras robotisés capables de saisir des unités de vente, parfois très variées en taille, forme et matière, grâce à de la vision et des préhenseurs adaptés (ventouses, pinces, combinaisons).

Ici, l’IA de vision progresse vite, mais il reste des limites : un bras robotisé ne sait pas encore tout faire, surtout sur des assortiments très hétérogènes. C’est souvent une automatisation « par îlots » sur des familles produits bien choisies.

Transport interne de palettes et de bacs : automatiser les allers-retours

Deuxième grand terrain de jeu : tous les déplacements internes sans valeur ajoutée. Si vous voyez régulièrement des caristes faire des A/R répétitifs entre une zone réception et une zone de stockage, vous avez un candidat pour l’automatisation.

AGV et AMR pour palettes

Une erreur fréquente : déployer des AGV/AMR sur des flux encore très instables, avec beaucoup de retouches, d’urgences et d’exception. Plus le process est standard, plus l’automatisation fonctionne.

Palettisation, dépalettisation et emballage : les cobots en première ligne

Tout ce qui est répétitif, lourd, en bout de ligne, est un bon candidat pour les robots collaboratifs et les bras articulés.

Palettisation et dépalettisation de cartons

Emballage et fin de ligne

Certains cobots peuvent aussi réaliser des opérations comme :

Ce sont des postes souvent sous-estimés, mais qui concentrent pas mal de temps opérateur. L’automatisation partielle d’une ou deux tâches bien choisies peut déjà faire gagner plusieurs ETP sur un gros site.

Tri, cross-docking et préparation d’expéditions

Dès que vous avez à répartir des colis vers beaucoup de destinations (tournées, agences, magasins), le tri automatisé ou robotisé devient pertinent.

Robots de tri et « sorters »

Sur des gabarits plus petits, des AMR peuvent servir de « micro-sorteurs » en emportant les bacs/colis vers des alvéoles de tri, avec plus de flexibilité, mais un débit inférieur aux gros trieurs fixes.

Inventaire et contrôle de stock : des robots pour les tâches ingrates

L’inventaire exhaustif reste une corvée annuelle pour beaucoup de sites. Pourtant, plusieurs solutions robotisées permettent d’en lisser une partie sur l’année.

Drones d’inventaire

Robots roulants d’inventaire

Alternative aux drones, ces robots se déplacent au sol et scannent les emplacements bas et moyens, voire utilisent des mâts télescopiques. Moins spectaculaires, mais plus simples à intégrer dans certains environnements.

Le ROI ne se fait pas uniquement sur le temps d’inventaire, mais aussi sur la qualité de stock : moins d’écarts, moins de ruptures fantômes, donc moins d’urgences et de surcoûts en transport.

Par où commencer : choisir les bons cas d’usage

Avant de parler robot, la vraie question est : quel est le goulot d’étranglement ou le poste de coût que je veux attaquer ?

Trois grands critères pour prioriser les processus à automatiser :

Un bon point de départ est souvent de faire une cartographie simple :

Les carrés qui combinent beaucoup de temps + beaucoup de pénibilité + fort impact client sont vos candidats prioritaires. Ensuite seulement, on regarde quelles technologies s’y adaptent le mieux.

Préparer son entrepôt à l’arrivée des robots

Un robot n’est jamais magique. Il amplifie un process existant : s’il est bon, il le rend excellent ; s’il est mauvais, il l’automatise… dans sa médiocrité. Quelques prérequis sont indispensables.

Un projet de robotisation qui ne prévoit pas un chantier en parallèle sur le WMS, la donnée et les process a de fortes chances de sous-performer. L’inverse est vrai : un entrepôt bien organisé tire tout de suite mieux parti des robots, même avec une solution « moyenne ».

Éviter les pièges classiques des projets de robotisation

Sur le terrain, on retrouve toujours les mêmes écueils :

Un bon réflexe : démarrer par un pilote maîtrisé, sur un périmètre clair, avec des indicateurs simples, puis élargir progressivement. Mieux vaut une première brique réussie qu’une usine à gaz inachevée.

Mesurer l’impact : quels indicateurs suivre ?

Pour juger de la réussite d’un projet de robotisation, on ne se contente pas de « ça a l’air plus fluide ». On suit des KPIs concrets, avant/après :

Le retour sur investissement se calcule sur l’ensemble du système, pas uniquement sur le poste robotisé. Si vous doublez votre productivité de picking mais que l’emballage et l’expédition saturent derrière, le gain net sera limité.

Et maintenant ? Passer de l’idée au plan d’action

Les robots logistiques ne sont plus réservés aux seuls géants du e-commerce. Entre les AMR flexibles, les cobots de palettisation et les solutions d’assistance au picking, il existe aujourd’hui des projets à taille humaine, adaptés à des entrepôts de quelques milliers de m².

La bonne approche, c’est de raisonner en étapes :

Automatiser un entrepôt, ce n’est pas « tout ou rien ». C’est une série de décisions pragmatiques, processus par processus. Les robots ne remplacent pas vos équipes : ils leur permettent de se concentrer sur ce pour quoi l’humain reste imbattable en logistique : gérer l’exception, s’adapter, arbitrer, et faire tourner l’exploitation, même quand le plan ne se déroule pas exactement comme prévu.

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