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Zone de stockage magasin : comment concevoir, organiser et optimiser vos surfaces logistiques

Zone de stockage magasin : comment concevoir, organiser et optimiser vos surfaces logistiques

Zone de stockage magasin : comment concevoir, organiser et optimiser vos surfaces logistiques

Dans la plupart des magasins et entrepôts que je visite, la zone de stockage est à la fois le cœur du réacteur… et la grande oubliée des projets. On parle beaucoup du SI, de l’omnicanal, de la RSE, mais moins de la façon dont on conçoit et exploite concrètement les mètres carrés disponibles.

Résultat : des allées encombrées, des palettes « provisoires » qui restent six mois, des préparateurs qui font des kilomètres inutiles, et des responsables magasin qui pensent manquer de surface… alors qu’ils manquent surtout d’organisation.

Dans cet article, on va revenir aux fondamentaux : comment concevoir, organiser et optimiser une zone de stockage magasin (ou entrepôt) pour gagner en productivité, en sécurité et en fiabilité de stock, sans forcément pousser les murs.

Définir l’objectif de votre zone de stockage : quelle mission, pour qui ?

Avant de sortir la règle et le logiciel de DAO, il faut clarifier un point simple : à quoi sert réellement votre zone de stockage magasin ?

Dans les faits, je rencontre généralement trois grands profils :

Selon le cas, les priorités ne sont pas les mêmes :

Avant de redessiner votre zone, posez-vous quelques questions clés :

Ces réponses conditionnent tout le reste : hauteur de stockage utile, largeur d’allées, typologie de rayonnage, emplacement des zones sensibles (réception, retours, casse, SAV…).

Cartographier l’existant : mesurer avant de réorganiser

La tentation classique : passer directement au « plan cible » sans avoir objectivé la situation actuelle. C’est le meilleur moyen de déplacer les problèmes, pas de les résoudre.

Je recommande de passer au moins une demi-journée à cartographier l’existant avec un œil très opérationnel :

Un exercice très simple et très parlant consiste à suivre un préparateur ou un employé de mise en rayon pendant une heure, avec un plan papier à la main, et tracer tous ses déplacements. Souvent, on découvre :

Ce diagnostic visuel, couplé à quelques indicateurs de base, donne une base solide pour concevoir un nouveau schéma d’organisation.

Segmenter la zone de stockage : donner une fonction claire à chaque mètre carré

Une zone de stockage performante fonctionne comme une ville bien pensée : chaque quartier a une vocation claire, les flux sont lisibles, les interfaces sont maîtrisées.

Dans la pratique, on gagne énormément en efficacité en structurant la zone en sous-espaces fonctionnels :

L’erreur fréquente, surtout en magasin : vouloir tout faire partout. On réceptionne, on stocke, on prépare, on casse du carton dans les mêmes allées. C’est le chaos assuré les jours de forte activité.

Un bon test : si vous demandez à un nouvel arrivant de vous dessiner de mémoire, après une journée, un plan fonctionnel de la réserve, et qu’il n’y arrive pas… c’est que votre zonage n’est pas assez clair.

Organiser les emplacements : règles d’or d’implantation

Une fois les grandes zones définies, reste à organiser les emplacements à l’intérieur de chaque zone. C’est là que les gains de productivité se jouent.

Quelques règles d’or, issues du terrain :

Dans un magasin où nous avons réorganisé la zone de stockage non-alimentaire, le simple fait de regrouper les 200 références les plus prélevées sur trois allées dédiées, à hauteur ergonomique, a permis :

Sans un seul mètre carré supplémentaire.

Exploiter la hauteur et les bons équipements

Beaucoup de magasins et d’entrepôts ont un potentiel inexploité : la hauteur sous plafond. On reste au sol « parce que c’est plus simple », jusqu’au jour où on se persuade qu’il faut agrandir ou louer un dépôt externe.

Avant d’investir dans de la surface, interrogez-vous :

Les leviers classiques pour « pousser les murs vers le haut » :

Attention toutefois : exploiter la hauteur ne doit pas se faire au détriment de la sécurité et de l’ergonomie. Quelques points à surveiller :

Ergonomie et sécurité : éviter le coût caché des mauvaises implantations

Une zone de stockage mal pensée, ça n’est pas que de la perte de temps. C’est aussi :

Quelques principes simples, mais souvent négligés :

Une règle que je répète souvent : si, pour attraper une référence, votre opérateur doit :

Alors votre implantation crée de la non-qualité, au sens large : risque sécurité, fatigue, lenteur, erreurs.

Digitalisation légère : fiabiliser les emplacements sans usine à gaz

On peut faire beaucoup pour optimiser une zone de stockage sans forcément déployer un WMS sophistiqué à six chiffres. Mais une chose est indispensable : fiabiliser les emplacements.

Plus votre stockage est dense, plus l’erreur d’emplacement coûte cher : temps de recherche, ruptures « informatiques », inventaires interminables.

Quelques bonnes pratiques, même sans WMS :

Si vous avez un TPE, un smartphone + une appli de scan et un fichier Excel structuré peuvent déjà faire une énorme différence vs le « je sais que c’est par là ».

Les bénéfices d’une localisation rigoureuse :

Gérer les flux irréguliers : promos, saisonniers, retours

C’est souvent là que les organisations se dégradent : la zone de stockage est plus ou moins propre… jusqu’à la prochaine opération promo ou à la haute saison.

Pour ne pas voir votre réserve exploser tous les trois mois, prévoyez des règles spécifiques pour les flux irréguliers :

Ce qui ruine beaucoup de zones de stockage, ce n’est pas le flux « normal », mais l’accumulation de cas particuliers jamais vraiment traités. Une règle simple à instaurer : tout ce qui entre dans une zone temporaire doit avoir une date limite de séjour.

Suivre quelques indicateurs simples pour piloter vos surfaces

Comme toujours en logistique, ce qu’on ne mesure pas finit par dériver. Sans transformer votre magasin en cockpit d’Amazon, quelques indicateurs suffisent pour piloter la performance de votre zone de stockage :

Fixez-vous des objectifs réalistes, par exemple :

Plan d’action type : par où commencer, concrètement ?

Si vous devez réorganiser votre zone de stockage magasin, je vous propose un plan d’attaque en cinq étapes, testées sur le terrain :

L’avantage de cette approche : vous ne bloquez pas l’exploitation trois semaines pour tout refaire. Vous améliorez par blocs, en gardant l’activité en marche, et vous sécurisez les gains au fur et à mesure.

Au final, une zone de stockage magasin bien conçue, ce n’est pas forcément du high-tech, ni des investissements massifs. C’est surtout :

Et surtout, une conviction : les mètres carrés logistiques ne sont pas une fatalité, ce sont des leviers de performance, à condition de les traiter comme tels.

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